Decision of the Bureau : 13.COM 2.BUR 4.3

Le Bureau,

  1. Rappelant l’article 23 de la Convention ainsi que le chapitre I.4 des Directives opérationnelles relatifs à l’admissibilité et aux critères des demandes d’assistance internationale,
  2. Ayant examiné le document ITH/18/13.COM 2.BUR/4 ainsi que la demande d’assistance internationale n  01423 soumise par le Kirghizistan,
  3. Prend note que le Kirghizistan a demandé une assistance internationale pour le projet intitulé La sauvegarde des pratiques et rituels rares liés aux sites sacrés au Kirghizistan :préparation d’un inventaire et de mesures de sauvegarde :

Mis en œuvre par le Centre de recherche culturelle (CRC) Aigine, le projet proposé vise à dresser un inventaire national unifié des sites sacrés et des pratiques rituelles rares au Kirghizistan, ainsi qu’à élaborer des mesures de sauvegarde efficaces qui seront compilées dans un manuel national sur la sauvegarde des sites sacrés et des pratiques rituelles rares. Ces pratiques font partie intégrante du système de croyances traditionnelles des Kirghizes, façonnant les relations entre les individus et leur rapport à la nature. Néanmoins, depuis une dizaine, voire une vingtaine d’années, elles sont menacées par l’urbanisation rapide, les progrès technologiques, la marginalisation des systèmes de croyances autochtones et le fossé qui se creuse entre les générations. Afin de remédier à cette situation, les principaux objectifs du projet visent à identifier les éléments du patrimoine vivant liés aux sites sacrés du pays et à assurer leur viabilité, à améliorer la sensibilisation du grand public à l’importance du patrimoine vivant, à accroître les capacités des parties prenantes à sa sauvegarde et à garantir sa bonne transmission. S’appuyant sur les résultats de vastes recherches menées sur le terrain par le CRC Aigine entre 2004 et 2014, l’inventaire permettra de renforcer la visibilité des sites sacrés, des pèlerinages et du réseau des praticiens traditionnels et des gardiens, et sera intégré aux programmes d’éducation formelle et informelle pour servir d’outil concret afin d’enseigner aux jeunes générations le patrimoine culturel immatériel.

  1. Prend note en outre que cette assistance permettra de soutenir un projet mis en œuvre au niveau nationale, conformément à l’article 20 (c) de la Convention, et qu’elle prend la forme d’octroi d’un don, conformément à l’article 21 (g) de la Convention ;
  2. Prend également note que le Kirghizistan a demandé une allocation d’un montant de 99 950 dollars des États-Unis du Fonds du patrimoine culturel immatériel pour la mise en œuvre de ce projet ;
  3. Décide que, d’après les informations contenues dans le dossier n  01423, la demande satisfait aux critères d’octroi de l’assistance internationale énoncés aux paragraphes 10 et 12 des Directives opérationnelles comme suit :
Critère A.1 : Les communautés concernées par la demande incluent les gardiens des sites sacrés, les conservateurs, les praticiens traditionnels, les guérisseurs, les chanteurs lyriques, les pèlerins, les universitaires et les experts du patrimoine culturel immatériel. Leurs représentants ont été impliqués dans la préparation de la demande et participeront activement à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation du projet proposé, soit directement, soit par l’intermédiaire du Comité de pilotage ;

Critère A.2 : Bien que le budget reflète les activités prévues, les dépenses devraient être présentées de manière plus détaillée afin de s’assurer que le budget est transparent et réaliste. Les activités devraient être nommées de manière homogène à la section 15 et dans le budget, et les erreurs de calcul doivent être également rectifiées (par exemple, une erreur de 675 dollars des États-Unis a été constatée dans le budget de la phase 2 du projet) ;

Critère A.3 : Le projet propose de mener une série d’activités, notamment des ateliers de renforcement des capacités, un inventaire avec la participation des communautés des pratiques et rituels rares dans les sept régions du Kirghizistan, et la publication d’un inventaire unifié ainsi que d’un manuel sur la sauvegarde des sites sacrés et des pratiques rituelles rares. Alors que la demande souffre de la confusion générée par la mention répétée des dimensions matérielles du patrimoine (par exemple, le « manuel sur la sauvegarde et le développement des sites sacrés »), les activités proposées sont plutôt bien conçues au regard des objectifs et des résultats escomptés. La durée du projet semble être suffisamment longue pour que ses résultats soient le fruit de véritables processus participatifs avec les principales parties prenantes ;

Critère A.4 : Les deux principaux résultats prévus par le projet sont un inventaire à jour des pratiques et rituels rares liés aux sites sacrés au Kirghizistan et un manuel concernant leur sauvegarde. Ils seront disponibles en version imprimée mais aussi en ligne pour permettre un meilleur accès à toutes les informations et notamment aux supports audiovisuels disponibles. Les deux documents doivent être présentés non seulement aux communautés concernées au Kirghizistan, mais aussi aux écoles, aux clubs et aux institutions en lien avec l’UNESCO, sans oublier le grand public. Le projet vise également à renforcer les capacités des gardiens des sites sacrés, des conservateurs, des praticiens traditionnels, des guérisseurs, des chanteurs lyriques et des pèlerins afin de leur permettre de sauvegarder leur patrimoine culturel immatériel, et donc d’assurer la viabilité et la transmission à plus long terme des éléments concernés ;

Critère A.5 : L’État soumissionnaire contribuera à hauteur de 16 pour cent, et l’organisation chargée de la mise en œuvre à hauteur de 14,5 pour cent du montant total du projet faisant l’objet de cette demande d’assistance internationale, ce qui représente donc 30,5 pour cent du budget total du projet ;

Critère A.6 : L’assistance vise à renforcer les capacités des parties prenantes impliquées dans les pratiques de sauvegarde et rituels rares liés aux sites sacrés du Kirghizistan. Le projet vise à sensibiliser les équipes du projet à la Convention de 2003, et à organiser des ateliers de renforcement des capacités sur la réalisation d’inventaires avec la participation des communautés, destinés aux gardiens des sites sacrés, aux praticiens et aux experts du patrimoine immatériel dans chacune des sept régions du Kirghizistan. Ainsi, le projet aborde directement la question des capacités des communautés qui créent, entretiennent et transmettent leur patrimoine culturel immatériel, et dont les États doivent s’efforcer d’assurer la plus large participation possible aux activités de sauvegarde, conformément à l’Article 15 de la Convention ;

Critère A.7 : L’État partie n’a, à ce jour, reçu aucune assistance financière de la part de l’UNESCO du Fonds du patrimoine culturel immatériel de la Convention de 2003 afin de mettre en œuvre des activités similaires ou connexes dans le domaine du patrimoine culturel immatériel ;

Paragraphe 10(a) : Le projet a une portée nationale qui, en plus d’impliquer les membres des communautés des sept provinces, prévoit une coopération entre plusieurs partenaires de mise en œuvre nationaux tels que le Ministère de la culture et du tourisme, le Ministère de l’éducation, la Commission nationale de la République kirghize pour l’UNESCO, l’Académie nationale des sciences, les radios et les chaînes de télévision publiques ;

Paragraphe 10(b) : Le projet devrait accroître la sensibilisation à l’importance du patrimoine culturel immatériel parmi les communautés concernées, mais également parmi le grand public. Les résultats du projet seront présentés aux praticiens et aux communautés concernées dans chacune des sept régions, ainsi qu’à un plus large public par l’intermédiaire de la télévision nationale.

  1. Approuve la demande d’assistance internationale du Kirghizistan pour le projet intitulé La sauvegarde des pratiques et rituels rares liés aux sites sacrés au Kirghizistan : préparation d’un inventaire et de mesures de sauvegarde et accorde un montant de 99 950 dollars des États-Unis à l’État partie à cette fin ;
  2. Demande au Secrétariat de se mettre d’accord avec l’État partie demandeur sur les détails techniques de l’assistance, en veillant en particulier à ce que le plan de travail détaillé et le budget des activités qui seront financées par le Fonds du patrimoine culturel immatériel soient suffisamment précis pour justifier les dépenses ;
  3. Invite l’État partie à utiliser le formulaire ICH-04-Rapport pour rendre compte de l’utilisation de l’assistance accordée.

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