Decision of the Bureau : 14.COM 2.BUR 5.2

Le Bureau,

  1. Rappelant l’article 23 de la Convention ainsi que le chapitre I.4 des Directives opérationnelles relatifs à l’admissibilité et aux critères des demandes d’assistance internationale,
  2. Ayant examiné le document LHE/19/14.COM 2.BUR/5, ainsi que la demande d’assistance internationale n  01526 soumise par la Guinée,
  3. Prend note que la Guinée a demandé une assistance internationale pour le projet intitulé Inventaire participatif et promotion des ensembles instrumentaux de musique traditionnelle en Guinée :

Le projet proposé – initiative du Ministère des sports, de la culture et du patrimoine historique, par l’intermédiaire de la Direction nationale du patrimoine historique –, d’une durée de huit mois, est axé sur l’inventaire participatif et la promotion des ensembles instrumentaux de musique traditionnelle dans deux régions de Guinée, Kankan et Kindia. Le projet a été défini par les représentants des communautés et des institutions en charge de la culture, qui ont participé à un atelier visant à valider les résultats d’une consultation nationale sur le patrimoine vivant en Guinée. Compte tenu des nombreuses fonctions qu’occupent les ensembles instrumentaux de musique traditionnelle dans le pays et des nombreuses menaces auxquelles ils sont confrontés – comme l’a révélé une évaluation des besoins en 2017 –, un inventaire participatif est jugé essentiel pour leur sauvegarde, leur valorisation et leur transmission. Dans cette optique, le projet proposé vise, entre autres, à identifier, décrire et documenter ces ensembles instrumentaux et à former les équipes préfectorales d’inventaire aux techniques d’identification, de description et de documentation des éléments à inventorier. Les activités seront mises en œuvre par un comité de pilotage, en partenariat avec des équipes régionales de coordination et des équipes préfectorales d’inventaire. Le projet devrait ensuite être étendu à l’échelle nationale afin de dresser l’état des lieux des ensembles instrumentaux de musique traditionnelle guinéenne, en disposant de données quantitatives et qualitatives sur ces éléments, en déterminant leur état de viabilité et en assurant leur promotion et leur transmission.

  1. Prend note en outre, que cette assistance concerne la préparation d’inventaires et l’appui à un projet mis en œuvre au niveau local, conformément à l’article 20 (b) et (c) de la Convention, et qu’elle prend la forme d’octroi d’un don, conformément à l’article 21 (g) de la Convention ;
  2. Prend également note que la Guinée a demandé une allocation d’un montant de 89 020 dollars des États-Unis du Fonds du patrimoine culturel immatériel pour la mise en œuvre de ce projet ;
  3. Décide que, d’après les informations contenues dans le dossier n  01526, la demande satisfait aux critères d’octroi de l’assistance internationale énoncés aux paragraphes 10 et 12 des Directives opérationnelles comme suit :
Critère A.1 : Le projet s’appuie sur une évaluation des besoins réalisée en 2017, au cours de laquelle plusieurs communautés locales ont exprimé leur inquiétude quant à la fragilisation de la viabilité de leur patrimoine culturel immatériel associé aux instruments de musique. Les communautés concernées des deux régions cibles, Kindia et Kankan, devraient participer activement à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation du projet, par le biais de son comité de pilotage, des entités de coordination régionales et des équipes d’inventaire.

Critère A.2 : Le budget est présenté de façon structurée. Néanmoins, les modalités de mise en œuvre des activités proposées ne sont pas suffisamment détaillées dans la demande pour pouvoir pleinement évaluer la justesse des montants demandés. De plus, on observe des erreurs de calcul et un excès d’utilisation de sommes forfaitaires pour plusieurs dépenses prévues.

Critère A.3 : Le projet se compose d’une série de seize activités, telles que la formation des autorités et des communautés à l’approche d’inventaires avec la participation des communautés ou l’élaboration d’un inventaire pilote des pratiques associées aux instruments de musique traditionnelle de deux régions de Guinée. Si les initiatives d’inventaire sont présentées de façon logique, les autres activités ne sont pas structurées selon une séquence cohérente. La formulation d’une « stratégie » sans objectifs clairs, notamment, ne fournit pas de base claire pour la mise en œuvre des activités ultérieures. Par ailleurs, le fait qu’un atelier de formation à l’élaboration de mesures de sauvegarde soit planifié avant la mise en place d’un renforcement des capacités axé sur l’élaboration d’inventaires et sans activité ultérieure visant à élaborer des plans de sauvegarde soulève des doutes quant à la faisabilité du projet.

Critère A.4 : La demande décrit la manière dont les résultats d’un projet d’inventaire national pourraient être pérennisés grâce à la constitution d’une base de données et à la création d’un comité national permanent supervisant la mise en œuvre de la Convention en Guinée, dans le cadre de la politique culturelle nationale en vigueur. Cependant, elle ne distingue pas la pérennité des futures actions d’inventaire national de celle du projet proposé dans les deux régions pilotes. En particulier, elle n’explique pas clairement en quoi les résultats et enseignements tirés du projet pilote guideront l’élaboration future d’un inventaire national du patrimoine culturel immatériel associé aux instruments de musique, comme cela est mentionné dans la demande. Par ailleurs, la demande aurait pu fournir des informations complémentaires quant à la manière dont les données recueillies durant le projet serviront à élaborer des stratégies, des plans et des mesures de sauvegarde.

Critère A.5 : L’État demandeur couvrira 10 pour cent du budget total du projet pour lequel une assistance internationale est demandée au Fonds du patrimoine culturel immatériel.

Critère A.6 : Le projet vise à renforcer les capacités des communautés ainsi que des autorités nationales et locales afin de sauvegarder et de transmettre les instruments de musique et les pratiques associées traditionnels. Dans ce but, la demande prévoit l’organisation de deux ateliers de formation, axés respectivement sur : (1) l’élaboration de mesures de sauvegarde, pour les équipes nationales et régionales du projet ; (2) les techniques d’élaboration d’inventaires avec la participation des communautés, pour les équipes locales d’inventaire. Cependant, la formation à l’élaboration de mesures de sauvegarde n’est suivie d’aucune activité spécifique qui permettrait aux membres des communautés de concevoir des plans et des mesures de sauvegarde ; il est donc difficile de comprendre comment les communautés seront en mesure de mieux sauvegarder leur patrimoine vivant au terme du projet.

Critère A.7 : L’État partie n’a, à ce jour, bénéficié d’aucune assistance financière du Fonds du patrimoine culturel immatériel de la Convention de 2003 de l’UNESCO pour mettre en œuvre des activités similaires ou connexes dans le domaine du patrimoine culturel immatériel.

Paragraphe 10(a) : Le projet a une portée locale et sa mise en œuvre implique des partenaires locaux et nationaux, dont les services centraux et décentralisés de l’administration culturelle, le Ministère de l’environnement, des eaux et des forêts, la Commission nationale guinéenne pour l’UNESCO, des instituts de recherche et des organisations de la société civile.

Paragraphe 10(b) : Le projet proposé est présenté comme un projet pilote devant être étendu à l’échelle nationale, bien que les sources de financement de cette extension ne soient pas précisées. Par ailleurs, il est prévu que les résultats du projet suscitent l’intérêt de partenaires du secteur privé.
  1. Décide de renvoyer à l’État demandeur la demande d’assistance internationale pour le projet intitulé Inventaire participatif et promotion des ensembles instrumentaux de musique traditionnelle en Guinée, et l’invite à soumettre une demande révisée au Bureau pour examen lors d’une prochaine session ;
  2. Encourage l’État partie, s’il souhaite resoumettre sa demande, à réviser le contenu du projet en tenant compte des préoccupations soulevées ci-dessus et à veiller à ce qu’il y ait une correspondance claire entre les objectifs généraux et les activités proposées, le budget et le calendrier proposés pour le projet.

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